5 Œuvres d'Art à Voir Absolument au Musée à Paris

Publié par HitART Redaction le

5 Œuvres d'Art à Voir Absolument au Musée à Paris

Amateur d’art, connaissez-vous les 5 chefs d’oeuvre à avoir vu dans sa vie ?

Profitez de la rentrée pour vous mettre à jour, ou simplement revoir les trésors de l’art exposé à Paris. Vous apprendrez ici tout ce que vous devez savoir sur ces œuvres afin d’épater vos proches.

 

La grande odalisque d’Ingres, Musée du Louvre

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Ce tableau réalisé par Jean-Auguste Dominique Ingres en 1814 a été commandité par Caroline Murat, la sœur de Napoléon Ier, reine consort de Naples, pour faire pendant au tableau que possédait déjà son mari Joachim Murat, La dormeuse de Naples qu’ Ingres avait réalisée en 1809 et dont il ne reste que des esquisses. Suite à la chute de l’empire en 1814, Ingres ne sera jamais payé.

“Odalisque” vient du turc et signifie femme de chambre. Le terme désigne une esclave du harem au services des femmes du sultan. Au XIXème siècle, dans l’art occidental, l’odalisque devient un personnage féminin allongé évoquant l’Orient. Il s’agit d’un thème maintes fois traité depuis l’antiquité notamment en sculpture. Citons par exemple la Vénus d’Urbino de Titien de 1534-1538 ou celle de Vélasquez Vénus à miroir.

À l’époque, il est encore délicat de représenter “gratuitement” un corps nu. Les artistes passent donc par la représentation d’une scène mythologique ou biblique. L’excuse d’Ingres, ici c’est l’Orient, il surfe sur la vague de l’orientalisme qui commença en littérature avec la traduction de l’ouvrage Les Mille et Une nuits au XVIII ème siècle et l’ouvrage de Montesquieu Les Lettres persanes en 1721. Pour Ingres, qui n'a jamais fait le voyage, il s’agit plutôt d’une vision occidentale d’orient fantasmé contrairement aux œuvres de Delacroix.
Ingres cherche à être reconnu comme un représentant du néoclassicisme. En représentant cette femme nue offerte aux regards qui se prélasse, son objectif est de proposer un idéal de beauté féminine à la manière des classiques, non en représentant de manière réaliste mais en créant une figure idéale dans un univers masculin fantasmé. Cette proposition lui valu les foudres du Salon officiel de 1819 car pour atteindre son objectif l’artiste à ajouté trois vertèbres au dos de son modèle, les bras et les jambes ont eux aussi été allongés. Il faut préciser qu’en grand dessinateur, ces déformations ont bien été voulues par l’artiste comme le montre les croquis et esquisses aux proportions parfaites.

 

La victoire de Samothrace, anonyme, Musée du Louvre

samothrace_louvre_dist._rmn-grand_palais_philippe_fuzeau_5_oeuvre_art_a_voir_paris_hitart_artiste_beauxartEn arrivant au Louvre, vous serez accueillis par la star du musée : une sculpture monumentale grecque, une représentation de la déesse grecque Niké qui date de 220-185 avant JC. La statue aux ailes déployées de la déesse de la Victoire terminant son vol sur une proue de navire de guerre a été retrouvée sur l’île de Samothrace située dans la mer Egée au Nord-Est de la Grèce. Le sanctuaire dédié aux Grands Dieux de l’île, aujourd’hui en ruines, regroupait plusieurs édifices dont le monument de la Victoire situé en hauteur. Les visiteurs venaient ainsi rendre hommage à Niké pour éviter les naufrages ou être assuré d’une victoire. La base de la Victoire de Samothrace représente l’avant d’un bateau de guerre typique de ce temps où les innovations en matière d’architecture navale sont nombreuses. En effet, l’époque est marquée par de nombreux conflits navals entre les différents royaumes hérités des successeurs d’Alexandre le Grand pour la domination de la mer Egée.

Découverte 1863, lors de l’exploration des ruines du sanctuaire par Charles Champoiseau, vice-consul de France intérimaire à Andrinople (actuelle Turquie), dans le but de fournir en objets d’art le musée Impérial du Louvre, la sculpture sera envoyé au Louvre pour restauration, puis exposée dès 1866. Pour être préservée, elle est mise à l’abri pendant le seconde guerre mondiale avec les autres chefs d’oeuvre du Musée. Malgré, les nombreuses explorations de Champoiseau, la tête, ni l’inscription de dédicace ne seront retrouvés.

Sans ces éléments, il est actuellement impossible de déterminer avec certitude l’auteur de cette oeuvre majestueuse. Une telle virtuosité n’est visible dans aucune réalisation de l’époque. Le marbre de Paros était exporté dans tout le monde grec, cela ne permet donc pas de situer avec certitude l’atelier qui a réalisé la sculpture. Les recherches montrent que la réalisation de la  Victoire de Samothrace a vraisemblablement était menée par deux ateliers différents sous la direction d’un artiste. Ce qui est certain, c’est que l’oeuvre est composée de 6 blocs de marbre taillés séparément puis assemblés.

Le traitement remarquable du marbre par l’artiste montre toute la légèreté et la délicatesse de cette déesse grecque qui effleure à peine la surface de la proue, alors que l’oeuvre mesure 5,12  x 2,75 métres pour 30 tonnes. Niké est vêtue d’une longue tunique en tissu très fin plaqué par l’effet du vent révélant les formes du corps et d’un manteau retenu en bourrelet à la taille qui se dénoue et n’est plus retenu que par la force du vent. Les effets de draperies multipliés par le sculpteur sont réalisés avec un extrême virtuosité. On remarque cependant que le côté gauche à été beaucoup plus travaillé. Il s’agit du côté que les visiteurs de la déesse apercevait en premier. Les lignes de composition sont d’ailleurs plus évidente sur le côté gauche : on observe une grande verticale qui part de la jambe au haut du buste un pied seulement touchait le sol et le bras droit était levé afin de faire un geste de salut.

Enfin, si vous désirez voir de plus près, on ne peux vous inviter à aller le voir au musée ou sur le site du musée du Louvre.

 

Le radeau de la Méduse, Théodore Géricault, Musée du Louvre

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Oeuvre majeure de l’art français, ce tableau réalisé par Théodore Géricault entre 1818 et 1819 a pour thème le naufrage de la frégate Méduse de 1816. Le bateau avait pour mission de se rendre au Sénégal pour entériner la restitution du pays à la France par le Royaume Uni suite au retour de Louis XVIII sur le trône. L’incompétence du capitaine français, qui n’aurait pas navigué depuis plus de 20 ans, a mené la frégate à s’échouer sur un banc de sable au large des côtes de la Mauritanie. Un certain nombre a pu prendre place à bord de chaloupes. Environ 150 hommes ont construit un radeau de fortune et se maintiennent ainsi à la surface de l’eau pendant 13 jours. L’argus, un bateau venu les secourir récupéra 15 personnes, et seulement 10 survivront après avoir connu la faim, la déshydratation, le cannibalise, la folie, … Le capitaine sera jugé responsable du désastre.

Géricault choisi ce sujet, très médiatisé à l’époque, pour se faire remarquer en suscitant l’intérêt du public au salon de 1819, mais surtout parce qu’il est lui-même fasciné par cet événement. Avant de réaliser l’oeuvre, Géricault effectuera d’abondantes recherches, obsédé par l’envie d’un rendu réaliste et véridique : rencontre avec deux des survivants, construction d’une maquette en modèle réduit avec un charpentier, observation de morts et de mourants dans les morgues et hôpitaux, observation de la mer et du ciel sur les côtes, copie de tableau sur le même thème, réalisation d’un nombre importants d’esquisses dont deux sont visibles au Louvre.

Le radeau de la Méduse rompt avec le néo-classicisme en vogue à l’époque et se révèle être un véritable manifeste du romantisme. Tous les choix de l’artiste accentuent le côté dramatique :  le sujet est un naufrage plein de désespoir et de solitude, le moment représenté est celui où les naufragés ont eu un faux espoir qui précéda leur sauvetage, le bateau parti à leur secours apparaît à l’horizon mais s’éloigne sans les voir, le format est immense 5 x 7 mètres. Géricault ajoute des éléments pour augmenter l’effet dramatique en représentant la scène en pleine tempête alors que cela s’était déroulé un matin ensoleillé où la mer était calme. Il a également augmenté le nombre de personnes sur le radeau. Les personnages sont proches du spectateur pour créer un effet d’immersion. De plus, on note que les corps sont en bonne santé bien que cela fasse trois jours qu’ils dérivent

Certains éléments montre que les intentions de Géricault ne se limite pas à montrer un drame humain.  Il critique une France conservatrice et esclavagiste qui se pratique toujours malgré son interdiction. Pour preuve, le héros central est un métis, union de deux peuples, le futur de la France. Il s’agit d’ailleurs du premier héros sans nom et vu de dos. Il  intègre également 3 personnes de couleurs, alors qu’il n’y en avait qu’une seule à bord, l’une enveloppant des mains blanches symbole de fraternité.

L’oeuvre a connu un accueil mitigé au salon de 1819 : l’horreur fascine mais le tableau est loin de la beauté idéal prônée par les classiques.

 

La fée électricité, Raoul Dufy, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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La fée électricité, fresque murale, réalisée par Raoul Dufy en 1937 vous donnera un coup de jus. Cette décoration monumentale, destinée à orner le mur du Pavillon de l'électricité et réalisé par Mallet-Stevens dans le cadre de l’exposition universelle de Paris, ne compte pas moins de 50 panneaux de contreplaqué de 2 x 1,20 mètres. L’ensemble donne à voir l’histoire de l'électricité, afin de mettre en valeur son rôle dans la société. En effet, dans les années 30, c’est la naissance de la modernité dans tous les domaines. En architecture, on construit des immeubles en verre et en béton, en art les figures deviennent stylisées et les artistes jouent avec les formes géométriques en autres. Dans La Fée électricité, Raoul Dufy nous livre une vision de ce monde nouveau.

Dufy a passé un temps considérable à effectuer des recherches sur les machines. Pourtant, un gros travail de préparation, de dessins multiples et d’essais sur feuilles de calques ont été nécessaire.

Cette fresque monumentale a été réalisée en un temps record. En moins d’un an, Dufy assisté de son frère et deux techniciens a peint  dans un hangar de Saint-Ouen les 250 panneaux qui composent la fresque. Il s’agit d’une véritable performance. Dans un premier temps, Dufy réalise une esquisse rapide à l’encre de Chine avant d’ajouter les couleurs. Malgré l’aspect aquarellé, il s’agit bien de peinture à l’huile. La matière a été conçue spécialement afin de sécher très rapidement et de pouvoir travailler en transparence. La vivacité des couleurs permet de traduire les effets de lumière et de créer plusieurs ambiances qui s’organisent comme un fondu enchaîné.  La couleur déborde des motif sur l’espace pictural. Le résultat est libre et spontané. La ligne, non contrainte par la perspective est tantôt appuyée, tantôt légère. Les formes colorées créent un ensemble électrique et énergique.

L’ensemble se lit de droite à gauche ou dans le sens contraire si on veut remonter le temps. L’œuvre propose de raconter l’histoire en accéléré.

À gauche, le paysage est calme et les motifs baignent dans les nuances chaudes (jaune, rouge et orange).

À gauche, la ville nocturne des temps modernes est traitée avec des tons froids bleus.

On y retrouve la figure de la fée qui vole dans les airs. Elle est vêtue de voilages transparents flottants et fait face à une forte source de lumière qui dessine un grand triangle jaune.

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Dans la partie inférieure, 110 savants et penseurs, qui ont contribué à l'invention de l'électricité sont représentés, dessinés un peu plus grand que nature et par groupe. On y retrouve par exemple les remarquables  Gramme, Siemens, Thomson, Morse, Pierre et Marie Curie, Edison, Archimède, Thalès, Aristote, Galilée, Léonard de Vinci, Pascal, Isaac Newton, Franklin, Volta, Joule, Goethe, Watt et Ampère…

En vous approchant vous découvrirez tous les éléments présent dans la ville moderne : enseignes lumineuses, feux tricolores, guirlandes d’ampoules, feu d’artifice mais également usines, machines agricoles, paquebots, trains et voitures, radio et cinéma.

 

Les nymphéas, Claude Monet, Musée de l’Orangerie

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Cadeau de l’artiste impressionniste Claude Monet à la France au lendemain de l'armistice de la première guerre mondiale comme symbole de paix, ce n’est qu’en 1927, quelques mois après la mort de l’artiste que les Nymphéas sont installés au Musée de l’Orangerie. Au cœur de Paris, venez contempler  “le dernier Monet”, une des plus importante réalisation monumentale picturale.

Claude Monet est un adepte de la série depuis 1899 pour retranscrire subtilement les variations de lumière sur un même sujet comme le montre les séries de la Vallée de la Creuse, des Meules, ou celle de la Cathédrale de Rouen.

Le cycle des nymphéas est une série d’environs 250 peintures à l’huile de différents formes et formats, commencée dans les années 1895 pour s’achever en 1926 à la mort de l’artiste.

Le mot nymphéa vient du grec numphé, nymphe. Il s’agit du terme scientifique désignant un nénuphar. Dans la mythologie antique on attribue la naissance de la fleur à une nymphe qui mourut d’amour pour Hercule. La série est inspiré du jardin de fleurs et du bassin de sa propriété de Giverny en Normandie où poussent de nombreux nénuphars. La série aboutit à l'oeuvre monumentale qui sera installée au Musée de l’Orangerie.

Si l’idée du projet  germe dès 1897, c’est à partir de 1914, alors qu’il vient de perdre son fils que le peintre se consacre à sa réalisation, soutenu par son ami Georges Clemenceau. Les deux hommes qui se sont rencontrés dès 1860 partagent des idées républicaines et la passion de l’art. Le 12 novembre 1918, suite à l’armistice, Monet fait savoir à Georges Clemenceau qu’il souhaite offrir à la France les panneaux de ce projet monumental. Après de rudes négociations qui dureront huit années, Claude Monet et l’Etat trouve un accord : il est décidé que l’oeuvre sera installée dans l’Orangerie du Jardin des Tuileries dans laquelle deux pièces ovales sont construites pour l'exposition permanente des huit panneaux de Monet. 

200 m2 de peinture sont réparties sur 8 panneaux (2 mètres de hauteur et longueurs variables de 5.99  à 17 mètres) assemblés les uns aux autres. Ce sont près de 100 mètres qui englobe à 360° le spectateur dans un paysage d’eau remplis de nymphéas, des branches, des reflets d'arbres et de nuages. Claude Monet n’a rien laissé au hasard : les panneaux sont disposés dans le bâtiment selon l’orientation de la lumière du lever au coucher du soleil comme si une journée s’écoulait devant les yeux du spectateur. L’artiste a également prévu le parcours du visiteur en pensant des ouvertures entre les salles. On remarque deux types de compositions définies par l’artiste. La première s’inspire de la série des Bassins aux Nymphéas et des Ponts japonais et la deuxième de celle des Paysages d'eau. 

À l’époque, la réalisation monumentale de Monet n'a pas suscité l’enthousiasme du public. En effet en 1927, l'impressionnisme est déjà dépassé par les avants gardes (fauvisme, dada, surréalisme). L’oeuvre sera même parfois cachée par des cimaises pour réaliser des expositions temporaires. Dans les années 50, les œuvres du cycle Les nymphéas sont achetées notamment par le MOMA de New York. On remarque des similitudes formelles entre l’art abstrait de l’École de New York (Pollock, Rothko, Newman, Still...) avec l’oeuvre de Monet. Dès lors, le travail du maître apparaît comme le début d’une peinture nouvelle où aucune partie du tableau n’a plus d’importance en véritable all-over, et qui englobe le spectateur. Les nymphéas ont ainsi inspiré de nombreux artistes : Joan Mitchell, Riopelle, Sam Francis ou encore Rothko, Barnett Newman ou Cy Twombly. Pour compléter votre visite,  vous pourrez découvrir au Musée Marmottan ou au Musée d’Orsay à Paris.

Maintenant vous savez tout sur ces œuvres mythiques, à vos agendas !

 

 

Sources :

https://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/oeuvres/ingres-la-grande-odalisque-1814.html
http://musee.louvre.fr/oal/victoiredesamothrace/victoiredesamothrace_acc_fr_FR.html
https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-radeau-de-la-meduse
http://www.mam.paris.fr/sites/default/files/contenu/fichiers/livret-visite-en-famille-dufy-fee-electricite.pdf
http://www.musee-orangerie.fr/fr/article/les-nympheas-de-claude-monet


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