Takashi Murakami, l’art contemporain en mode manga

Publié par HitART Redaction le

Takashi Murakami, l’art contemporain en mode manga

Attention les yeux, vous allez découvrir ici l’univers bariolé et haut en couleurs de Takashi Murakami, l’artiste japonais qui réconcilie les jeunes avec l’institution muséale.
L’artiste nippon de renommée internationale connu pour ses œuvres monumentales et son admiration pour l’artiste américain Andy Warhol, participe à l’exposition « Au diapason du monde » à la Fondation Louis Vuitton à Paris. Vous pourrez y voir plusieurs de ses œuvres jusqu’au 27 août 2018.

Nous rappelons qu'il y a d'autres exposition comme celui de Subodh GUPTA.

 

Mais qui est Takashi Murakami ?

Takashi Murakami est né en 1962 à Tokyo au Japon où il vit et travaille actuellement. Passionné par le dessin d’animation, Murakami se forme à la peinture traditionnelle japonaise (nihonga) à l’Université des Beaux-Arts de Tokyo. Il finit ses études par une thèse soutenue en 1993. Deux ans plus tard, il fonde le studio de production Hiropon Factory. En parallèle l’artiste développe son travail artistique et il commence à exposer en France et aux Etats-Unis.
Aujourd’hui Murakami est l’un des artistes vivants dont les œuvres se vendent le plus cher. Il est représenté par deux galeries très influentes : Emmanuel Perrotin et Larry Gagosian.

Un artiste inclassable et prolifique

Le pratique plastique de Murakami se développe dans un premier temps à travers la peinture traditionnelle japonaise (nihonga). Suite à un séjour aux Etats-Unis, Murakami, décide d’abandonner cette pratique pour se tourner vers l’art otaku. Ce terme péjoratif désigne une personne qui se consacre à des activités dites d’intérieur : mangas, dessins animés, jeux vidéo.
Au début des années 2000, Murakami devient ainsi le chef de file du mouvement néo-pop japonais Superflat (super plat en français) qui nait du constat que l’art traditionnel japonais ne s’attache pas à rendre compte de la profondeur et il élargit ce concept à la société japonaise.

Les artistes qui se rattachent à ce mouvement, parmi lesquels on peut citer Yoshitomo Mara, Aya Takano ou encore Koji Morimoto, combinent l’esthétique du pop art, du kistch et de la culture kawaii, l’esthétique du mignon.

The Octopus Eats Its Own Leg


Ainsi Takashi Murakami mêle dans ses œuvres : l’iconographie bouddhiste, la peinture traditionnelle japonaise de la période Edo du 18ème siècle, les technologies de pointe les plus actuelles, les mangas, la culture pop, les jeux vidéo, la science-fiction, tissant des liens entre l’Orient et l’Occident, l’Art et la culture populaire.

Par exemple, il crée en 1992, Mr Dob (représentation à gauche), son alter ego, en réaction aux œuvres de Jenny Holzer qui connaissait un grand succès au Japon à cette époque (travail sur le texte et son message). Murakami a décidé d’aligner des mots sans aucun rapport entre eux afin de tourner en ridicule cet art prôné par les artistes américains :  dobojite, dobojite, oshamanbe C’est ainsi qu’est né Mr.Dob sous la forme d’une figure à deux oreilles (Dob étant l’abréviation de « dobojite, dobojite, oshamanbe »).

Marqué par la domination culturelle des Etats-Unis, Murakami n’a de cesse de revendiquer son identité japonaise.
Que ce soit en utilisant la peinture, la sculpture, l’animation ou encore l’installation, les réalisations de l’artiste nous parlent des traumatismes vécus par son pays, de la bombe atomique au tsunami.
Son œuvre est également une critique des adeptes de la culture manga en les tournant en dérision. Plus largement, il s’interroge sur le rôle de la société de consommation et ses produits pop dans nos goûts esthétiques.

Un chef d’entreprise aux multiples casquettes, digne héritier d’Andy Warhol

Tadashi Murakami ne se contente pas de produire des œuvres d’arts avec brio, il endosse également plusieurs rôles : commissaire d’exposition, conférencier, agent de jeunes artistes et même étudiant en sociologie.

Loin des tabous entre art et argent et pour suivre les traces de son idole Andy Warhol « le summum de l’art est de faire du fric », Murakami réunit art et marchandise. Nous sommes dans un temps où tout s’achète alors pourquoi pas l’art.

Loin du mythe de l’artiste solitaire et maudit, Takashi Murakami est en fait un véritable chef d’entreprise, à la tête d’un empire.

Son entreprise, la Hiropon Factory, qui n’est pas sans rappeler la Factory d’Andy Warhol (atelier et lieu de socialisation de l’artiste américain) devient dans les années 2000, Kaikai Kiki Corporation, une structure qui a pour but d’aider les jeunes artistes mais aussi de produire et de commercialiser des produits dérivés (peluches, mugs, …). Kaikai Kiki Co emploie aujourd’hui environ une cinquantaine de personnes à Tokyo et une vingtaine dans ses studios de New York.  

Très engagé à promouvoir l’art contemporain japonais à travers le monde, il organise le festival GEISA deux fois par an au Japon qui permet de mettre en avant de jeunes artistes japonais. Comme dans son art, Murakami fait disparaître les frontières en faisant participer artistes, dessinateurs et animateurs.

Murakami n’hésite pas à partager son univers avec d’autres par le biais de collaborations.

Pour Louis Vuitton par exemple, il participe à la création d’un nouveau visuel. En parallèle, il réalise des clips musicaux pour promouvoir la marque de luxe en y intégrant un de ses personnages « Puti Panda » (ci-dessous).

 

Comme Warhol, Murakami est un familier du star system. Il compte parmi ses partenaires de jeu des célébrités comme la chanteuse Britney Spears qu’il a photographiée selon l’esthétique des mangas pour filles shojo ou encore le rappeur Kanye West pour qui il a réalisé le clip Good Morning).

Tadashi Murakami, l’artiste aux multiples facettes, nous entraîne à travers son œuvre au cœur de la société japonaise qui peut paraître de prime abord difficile d’accès pour les occidentaux. Soucieux de revendiquer son identité, son œuvre permet surtout de créer du lien entre l’Orient et l’Occident, l’art contemporain et populaire, le passé et le présent.

Sources :

https://www.lexpress.fr/culture/art/10-choses-a-savoir-sur-l-inevitable-takashi-murakami_919053.html

http://www.fondationlouisvuitton.fr/collection/artists/takashi_murakami.html


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